| LA VIE CULTURELLE AU MAROC AUJOURD'HUI |
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Sa Majesté le Roi Hassan II a déclaré un jour: "Le Maroc est un arbre dont les racines sont ancrées en Afrique mais dont les branches s'étendent en Europe". Cette métaphore, meilleure que toute autre description, résume la vie culturelle et intellectuelle au Maroc aujourd'hui. Profondément attaché aux valeurs de la civilisation arabo-musulmane, le Royaume du Maroc, plus que tous les pays d'Afrique du Nord et même du monde arabe, a su se mettre en symbiose avec les cultures des pays se situant sur l'autre rive de la Méditerranée.
Trente-trois ans après l'accession de Sa Majesté le Roi Hassan II au trône, cette association étroite continue et ne fait que se développer. Mais la route a été longue, et ses origines remontent à l'expansion culturelle qu'a connue le Maroc dans les années 60. Dans cette traversée, on ne peut occulter l'apport de la revue "Souffles" qui a réuni les meilleurs écrivains du Royaume. Des peintres tels que Mohammed Melehi et Farid Belkahia, ainsi que le dramaturge et homme de théâtre Tayeb Saddiki, contribuèrent à cette expansion. Aujourd'hui, il n'est plus besoin de présenter certains auteurs tels que Tahar Ben Jelloun, dont la dernière oeuvre est "L'homme rompu" ou Driss Chraïbi, qui vient juste de publier "Une place au soleil". D'autres noms commencent à devenir également familiers, tels que l'historien Abdallah Laroui, dont l'oeuvre sur l'Islam est très connue, le poète et romancier Mohammed Khaïr-Eddine, ou encore l'auteur Edmond Amran El Maleh, dont le "retour d'Abou El Haki", remporta un franc succès. L'auteur Abdelhak Serhane a également reçu un accueil chaleureux auprès du public avec notamment "les enfants de la petite rue". Si la littérature en langue française se défend bien, celle en langue arabe est, bien entendu, en croissance continue. Parmi les auteurs arabophones, on compte Mohammed Choukri auteur de "Pain nu", Mohammed Aziz Lahbabi (anthologie de la littérature arabe contemporaine), Mohammed Berrada, Driss El Khouri, et le journaliste-poète Abderrafii Jawahri, dont la chronique "Nassida" (fenêtre) dans le journal "Al Ittihad Al Ichtiraki" fait le bonheur des lecteurs. La presse, et particulièrement la presse arabe, alimente régulièrement le débat intellectuel. Les congrès régulièrement organisés depuis 1986 à Taroudannt, au sud du Maroc, réunissant la plupart des intellectuels marocains, sont la preuve de cette reprise certaine. d'autres aspects de la vie culturelle et intellectuelle du Royaume, tels que la peinture, se développent également. Ainsi, le Moussem d'Asilah, festival culturel proposé pour la première fois en 1976 par Mohammed Benaissa et le peintre Mohammed Melehi a grandement participé au développement de cette forme d'art. On peut citer par exemple Belkahia, Bellamine, Cherkaoui et kacimi qui ont exposé leurs oeuvres à Paris en septembre 1991. Le cinéma, tient une place grandissante dans la vie culturelle marocaine. Il s'est distingué en 1991 avec "la plage des enfants perdus" de Jilali Ferhati et "Badis" d'Abderrahmane Tazi. En 1993, "à la recherche du mari de ma femme" du même Mohamed Abderrahmane Tazi remporte un formidable succès populaire. Il faut également mentionner la musique moderne et folklorique, qui est très appréciée. Parmi les noms les plus connus, on compte le groupe Ach Chou'ala qui chante les poèmes d'Abdallah Zrika, et Nass El Ghiwane, qui illustre admirablement l'héritage musical marocain. JOHN COLLEN |